Aujourd’hui c’était l’éphiphanie avant l’heure puisqu’on a parlé rois mages dans deux cours.

Comme j’avais deux exposés à faire et que je suis une maline je me suis arrangée pour faire les deux sur le même sujet d’actualité: la visite du roi Juan Carlos à Ceuta et Melilla. Ca parait pas trépidant comme ça mais en fait c’est passionant, surtout pour nous, pas forcément au fait des disputes monarchistes en tout genre!

 Donc.

Juan Carlos et Sofia sont allé faire coucou à leur populace à Ceuta et Melilla la semaine dernière. Les deux « villes autonomes » sont officiellement espagnoles mais elles se situent au Maroc, et les marocains les considèrent plus ou moins comme leurs. (C’est un peu comme si vous alliez dire à un espagnol que Gibraltar est anglais. Just don’t.) D’autant plus que Juan et Sofia ont eu la bonne idée d’aller à Melilla le 6 novembre, jour anniversaire de la Marche verte. La Marche verte pour les gens aussi ignares que moi, c’est quand 300 000 marocains ont marché vers le Sahara occidental en 1975 pour récupérer la région, colonisée par l’Espagne. Tout un symbole.

Autant dire que Mohamed VI a fait la chanson du pas content pas content pas content faché tout rouge dans un communiqué de presse. Et il a rappelé son ambassadeur d’Espagne.

En presse écrite Maroc il fallait que je trouve un angle de papier à faire sur le sujet. J’ai proposé ceci: Est-ce que cette visite va réellement remettre en cause les relations diplomatiques entre le Maroc et l’Espagne? En gros, est-ce qu’on va se retrouver face à une crise diplomatique comme on l’avait eu en 2002 avec l’affaire de l’ilôt Persil?

 Ahah, mais qu’est-ce que l’affaire de l’ilôt Persil? Rapidos,  Persil c’est un ilôt « neutre » parce que disputé par les deux pays, en gros il appartient à personne. En 2002 une dizaine de militaires marocains sont venus déranger les deux chèvres qui y vivent et l’Espagne a pété un plomb, du style c’est une invasioooooooooooooooooooon. Ils ont même lancé l’opération militaire « recuperar soberania » (récupérer la souveraineté), ça commençait à chauffer dur. Immobilisme européen, les Etats-Unis font une médiation et retour au statut quo d’avant.

Et mon angle pour la dernière visite c’était: non, ça ne va pas faire Persil le retour (déjà parce que ça serait un nom ridicule), parce que les relations entre Rabat et le gouvernement Zapatero sont du genre tip top, surtout comparé à celles avec Aznar, et que ça serait débile de tout gâcher pour une visite. Alors oui le gouvernement avait intérêt à réagir, mais parce qu’ils ne devaient pas perdre la face devant leur population, voilà tout.

José Garçon a approuvé et ajouté une autre idée: que les deux pays sont otages de leur opinon publique sur des questions de nationalisme. Chaque pays sait que de bons rapports sont incontournables et qu’ils ne peuvent pas se permettre une crise, mais il s’agit de faire le minimum syndical.

Après ça on est parti sur le reste de la politique étrangère marocaine, et le fait qu’au final ce qui importait le plus au roi et à l’Etat, ainsi qu’aux marocains, c’était le Sahara occidental et que donc bon Ceuta et Melilla c’était pas vraiment un problème.

Amira a avancé l’idée que la fameuse Marche Verte avait été truquée. José Garçon a répondu qu’on pouvait transporter 1000, 2000 personnes en bus, mais pas 300 000. Ce à quoi Amira a répliqué qu’on pouvait leur faire miroiter des choses à gagner s’ils marchaient. José Garçon n’a pas voulu céder, par contre elle a précisé qu’il y avait eu manipulation au sens où Hassan II a attisé le sentiment nationaliste dans ses discours, qui a mené à la Marche Verte. Personellement je ne connais pas assez le problème pour avoir une idée, vous en pensez quoi?

En plein coeur de la discussion assez relevée, Agnès Chauveau a débarqué dans la salle par hasard. José a dit « Attends là on a une divergence avec mes élèves comme d’habitude » Agnès a répondu « Ils veulent faire quoi? Ecrire sur les pauvres? »

Just thought you should know.

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