Un des intérêts d’être en école de journalisme, c’est qu’on est plus ou moins toujours au courant de l’actu. Un des intérêts d’être à l’école de journalisme de Sciences-Po c’est que la même semaine trois de nos profs peuvent se retrouver au coeur de l’actu:

Michèle Cotta était hier au Grand Journal pour la sortie de son livre « Carnets secrets de la Vème République », où, détail de fille, les maquilleurs ont eu la bonne idée de ne pas lui peindre les lèvres en marron foncé comme elle a l’habitude de faire.

Mais les profs de la semaine c’est bien sûr Etienne Mougeotte et Nicolas Beytout, pour leur rôle dans la grande pièce du moment: « Tournez manège chez LVMH ». Bon, Mougeotte a annulé sa conf de rédac d’hier matin donc on n’a pas pu le harceler de questions (Alors ça fait quoi de rester un mois au fig mag juste histoire de pouvoir aller au figaro?)

Par contre… Beytout était là jeudi, prêt à répondre à toutes nos questions/attaques

Transcription d’une conf de rédac devenue conf de presse:

Applaudissements à l’arrivée de Beytout, suivis de « quand même on vous l’avait demandé vous auriez pu nous le dire » haha blagues blagues tapes dans le dos petits sourires blah.

Jérôme « Ca vous fait quoi d’avoir été annoncé par Nicolas Sarkozy? »

Beytout: Ah lala… D’après ce que m’ont dit cinq ou six personnes qui étaient présentes, il y avait Catherine Pégard, la conseillère du Président, Franck Louvrier, le conseiller en communication du Président, et un dénommé N. Sarkozy… »

Elève : « Qui fait, lui? »
Autre élève : « Il fait des piges pour TF1! »

Beytout (sourire): Ah la la… En plus ça fait deux mois et demie que je ne lui parlais plus!

Elève : « Bah alors, c’est la rupture? » (on est des rigolos dans la classe)

Beytout: Non mais écoutez je le connais très bien Nicolas Sarkozy : il était ministre du budget, porte-parole du gouvernement et a même remplacé Carignon comme ministre de la communication. Ca faisait trois bonnes raisons de le connaître quand vous étiez rédacteur en chef des Echos.
Nicolas Sarkozy a même été mon salarié il y a 12 ans! Ben oui on est en 95 il y a les grosses divergences entre Chiraquiens et Balladuriens, Chirac est au pouvoir, et moi j’envisageais de faire une fiction sur la correspondance de Jacques Chirac arrivant à l’Elysée. J’ai dit a Sarkozy je veux que vous le fassiez, il a commencé par refuser avant d’accepter. Et donc il a écrit le feuilleton de l’été, donc j’ai corrigeais ses papiers, je lui faisais en rajouter parce que c’est toujours plus facile d’adoucir que de durcir le trait. Il a même fait le plus dure portrait de lui-même, pour préserver son anonymat.

Enfin pour revenir à notre histoire, ça a fait flambée de poudre. Je constate d’ailleurs que Libération a hier corrigé en disant « Sarkozy a rencontré des journalistes des Echos et à l’occasion d’une discussion sur la vente du journal a donné l’impression d’annoncer la venue de Nicolas Beytout… »

Il y a un véritable problème sur les nouveaux sites d’information, qui n’ont pas les mêmes règles de déontologie que les journaux installés (faisant ici référence je suppose à Rue 89)

Moi: « Oui fin c’était aussi sur le site du Nouvel Obs et c’est un journal installé »

Beytout: Oui, mais leur site est un véritable problème.
Ecoutez, le métier des journalistes c’est d’aller voir les sources. Le président est bien sûr une source donc c’est leur boulot, ils se sont dit qu’ils allaient parler de l’actualité avec le Président. Et à la place il leur dit ça. J’aurais préféré qu’il ne cite pas mon nom du tout mais bon.
Vous avez vu, que dans Le Monde, il y a une photo de moi à l’Elysée le 22 octobre. C’est une véritable manipulation de l’image puisqu’en légende ils marquent quelque chose du genre Nicolas Beytout à l’Elysée. Sans préciser que le 22 octobre c’était un jour de remise de décorations importantes, et qu’il y avait 200 personnes à l’Elysée.

Elève: pourquoi vous avez accepté le poste?

Beytout: Bon, je change de boulot, je vois ce qui arrive (= nous!) je préfère arrêter vous êtes trop forts! Non sérieusement, ça fait trente ans que je fais le même boulot. Là je retourne dans l’histoire de ma famille, et puis au journal j’avais de plus en plus de responsabilités managériales, et là en faisant ça ça ne m’empêchera pas de faire du journalisme. Pas en tant que directeur de la rédaction, mais du journalisme quand même.

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