Bon, là Baptiste, même toi tu dois savoir qui est Marion Cotillard. La Môme les oscars les césars tout ça. Et avant ça… Taxi… beurk prestation, et aux dires de mon père « Marion Cotillard c’est fou c’est quand même l’exemple typique qu’on peut devenir actrice à force de jouer! »

Alors voilà, pour vous deux et pour les autres, mon article de la semaine:

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Avec ses dizaines de nominations en France et aux Etats-Unis pour «La Môme», Marion Cotillard fait oublier son passé de «Taxi». Itinéraire en dents de scie.

En listant les actrices de la nouvelle génération, on a tendance à oublier Marion Cotillard: trop vieille du haut de ses 28 ans par rapport aux minettes Mélanie Laurent ou Clémence Poésy, pas aussi établie (voire plan-plan) que Virginie Ledoyen ou Natacha Régnier. Marion Cotillard enchaine les tournages et semble en permanence «sur le point de» devenir une star, une vraie, et ne plus rien avoir à prouver. Sauf que non.

1998, « Taxi »
A la sortie du blockbuster on ne pensait plus jamais revoir Marion Cotillard. Son rôle de harpie aux répliques pas terribles ne l’aidait pas, certes, mais elle était franchement mauvaise. Taxi n’a pas effrayé que nous, puisqu’elle s’est retrouvée boudée par tous les réalisateurs avec lesquels elle rêvait de travailler. Le film hyper-populaire ne plaisait pas, et Marion a failli tout arrêter après six ans de galère: pas plus d’un film par an, et toujours pas de reconnaissance du milieu, au point, disait-elle à Elle, qu’il y avait «carrément des gens qui ne voulaient plus [la] voir».

2001, «Les Jolies choses»
Marion gagne une deuxième nomination aux Césars pour son double rôle de jumelles dans «Les jolies choses» (la première c’était pour Taxi, autant dire pour rien parce que la profession ne risquait pas de la faire gagner). «Jeux d’enfants», où elle joue une fille complètement tordue dans une relation complètement tordue avec Guillaume Cannet, commence à réconcilier milieu du cinéma et grand public.

2004, «Big Fish»
Mais Marion en a marre. Elle n’en peut plus de voir Mélanie Doutey chez Chabrol, Virgine Ledoyen chez Ozon et toutes ses autres petites copines qui s’éclatent avec les réalisateurs dont elle rêve. Elle pense tout arrêter et partir chez Greenpeace – c’est une grande écolo – pour sortir de sa déprime. C’était sans compter sur Tim Burton, juste LE génie du film fantastique américain qui la choisit pour être Joséphine dans «Big Fish». Si les Français la boudent, elle ira se faire voir aux Etats-Unis.

2004, « Un long dimanche de fiançailles »
C’est la fin de sa période galère: elle est choisie sans même avoir à passer de casting pour «Un long Dimanche de fiançailles» de Jeunet où elle vole la vedette à Audrey Tautou, qui ne peut pas grand chose face à son rôle d’amoureuse vengeresse. Intense. Et un César de plus pour Marion. Une fois encore on pense que ça y est, c’est le moment décisif de sa carrière.

En fait non.

Elle enchaîne les films qu’elle veut, entre comédies romantiques en anglais et en français, premiers long-métrages prometteurs et thrillers. Le tout sous la direction d’Abel Ferrara, Ridley Scott ou Richard Berry. Marion est toujours bien accueillie mais jamais «starisée».

2007, «La Môme».
Marion Cotillard est Edith Piaf de 19 à 47 ans, et c’est elle qui porte tout le film. Olivier Dahan se bat pour l’avoir en tête d’affiche, alors qu’elle est moins «bankable» que les copines. Les producteurs s’énervent, Dahan s’en fiche, et fait le film avec moins de temps et d’argent, sur de son coup. Le résultat? Un Golden Globe, une nomination aux Oscars et onze nominations aux Césars (dont Meilleur film et Meilleure Actrice).

2008?
Cette fois-ci, c’est bon, non ? Marion Cotillard est lancée ? Peu importe après tout. Il est temps d’arrêter de chercher «la naissance d’une star». La star est déjà là, partout dans son parcours inégal. Marion Cotillard s’en fiche. Pendant que les Mélanie, Virginie et autres Natacha font les belles ou les intellos à Paris, elle part jouer dans «Public Ennemies» avec Johnny Depp pour Michael Mann («Collateral»), avant d’enchaîner sur la comédie musicale «Nine», remake de «Huit et Demi» par le réalisateur de «Chicago» Rob Marshall.

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