Quand je suis allée voir mon frère à Londres, j’ai passé la journée avec mon ami Andrew rencontré à GWU (placedropping is the new name dropping :p), et Andrew est OBSEDE par Abercrombie & Fitch, un magasin que nous n’avons pas le bonheur (?) de posséder en France…

J’en ai profité pour écrire un papier obstylien

Mes amis anglais n’en peuvent plus : « You are in London? We have got to go to Abercrombie! » Mouais. Derrière le nom bizarre d’Abercrombie & Fitch, se cache une chaine américaine de vêtement hyper branchée, avec des « salesman » castés comme pour des podiums. J’ai encore en tête le souvenir d’une visite du magasin de Washington: les vendeurs étaient jeunes, beaux, minces, blancs, et parfaitement infects avec les clients. A Londres Abercrombie a sa seule boutique d’Europe, un de ses trois « flagship stores », ou magasins vedettes, avec celui de Los Angeles et de New York.

Quelle différence avec les autres branches de la marque? Déjà l’accueil est assuré par un jeune homme aux abdos huilés et bronzés. Je le sais parce qu’il n’a pas de tee-shirt. Il est juste là avec ses tongs, son jean posé bas sur ses hanches et son sourire ultra-bright. Et ses plaquettes de chocolat, donc. Finalement c’est peut-être pas si terrible que ça Abercrombie & Fitch.

En fait si. Parce qu’une blonde nous saute dessus avec son Polaroïd pour nous prendre en photo avec le beau gosse. Impossible d’entendre ce qu’elle raconte: la sono balance de la house et de la techno tellement fort qu’il ne manque plus que la boule à facettes. Il y fait aussi sombre, et quand nos yeux se sont habitués au peu de lumière, nous voyons que le magasin a un étage, et qu’à l’étage quatre « vendeurs » de 16 ans se trémoussent en rythme.

On pourrait être dans un remix tecktonik de Harry Potter. Dans la pénombre se dessinent d’immenses armoires en bois massif. Il faudrait bien empiler trois vendeurs pour atteindre les polos pliés sur la dernière étagère (ça tombe bien, le ratio est d’environ trois vendeurs pour un client). Les seules lumières d’Abercrombie sont stratégiquement disposées pour éclairer les vêtements comme des bijoux. La boutique, située dans Savile row, la rue des tailleurs londoniens, est décorée comme le cliché d’une maison de campagne de très riches Anglais, avec des têtes de cerf comme faux trophées de chasse entre deux armoires.

Quant aux vêtements… A part des débardeurs tout simples à tout de même 40 pounds (50 euros), on trouve jeans, polos, et tongs. Rien de très excitant. Les vendeurs en revanche sont insupportablement beaux et minces, mais souriants et serviables, contrairement à ceux de Washington. Avant de retourner à la vraie vie, on va tout de même demander à la blonde de l’entrée pour quelle drôle de raison Abercrombie propose de se faire prendre en photo avec un dieu vivant à moitié nu. Un air d’incompréhension totale sur le visage, elle répond : « Ben… pourquoi pas? »

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