Dans la vie, il y a les titres de film, et puis il y a les traductions de titres de films. Vous pouvez citer « autant en emporte le vent » (gone with the wind) autant que vous voudrez, la plupart du temps les traductions sont pourries. Même quand c’est Yves Bonnefoy qui s’inspire d’un poème de Yeats. Surtout quand c’est Yves Bonnefoy qui s’inspire d’un poème de Yeats pour renommer « No country for old men » « Non, ce pays n’est pas pour le vieil homme ». Il n’es pas pour Yves Bonnefoy non plus apparemment.

C’est la même chose pour « Forgetting Sarah Marshall ». Combien de gens sont allés voir « Sans Sarah, rien ne va » ? Si je n’avais pas su que c’était avec Kristen Bell (Veronica Mars) et Jason Segel (How I met your mother) et que Jason avait écrit le scénario, je n’aurais jamais vu ce film, et j’aurais raté le bonheur qu’est Russell Brand.

Avec ses bottes à talon, sa coupe de cheveux délirante et son talent pour toujours dire très exactement ce qu’il pense, Russell Brand est d’une autre planète. Dans la vraie vie, il vient juste d’Angleterre, mais le jeune homme fait tache dans le paysage people très plan-plan… Ce qui semble lui aller : après son rôle dans le très drôle « Sans Sarah rien ne va » de Judd Appatow, Russell était le présentateur des MTV VMAs 2008.

Russell aime dire ce qu’il pense. Le mois dernier, il disait dans une interview, « J’ai un problème quand quelqu’un m’interdit de faire quelque chose. Juste avant de rencontrer la Reine, les responsables du protocole m’ont expliqué comment la saluer, ne pas parler jusqu’à ce qu’elle me parle… Mais tout ce à quoi je pouvais penser c’était « Chope lui le sein! » « . Ça ne le ferait pas chez la reine, et ça ne le fait pas non plus chez MTV, l’ex chaîne rebelle devenue gentiment bisounours.

Sauf que si. Parce que Russell dit ce qu’il pense en mode blague, et qu’il a l’air tellement à l’ouest que les américains ne se vexent pas, et donnent à MTV ses meilleurs chiffres d’audience pour les VMAs depuis longtemps. Cheveux longs jusqu’aux épaules et en pétard, chemisette transparente sur pantalon de cuir plus que moulant, chaussé de santiags à talon, il a commencé son premier speech de la soirée en toute simplicité. « Il y a des gens qui disent que les Etats-Unis ne sont pas prêts à élire un président noir, mais je sais que l’Amérique est un pays qui pense au futur parce que sinon vous n’auriez jamais laissé cet espèce de cowboy attardé être votre président pendant huit ans ».

Et encore, son public a échappé à une blague censurée par MTV, sur la fille enceinte de Sarah Palin, la candidate à la vice présidence de John McCain: « Je voulais dire que Palin forçait sa fille ado à avoir le bébé parce qu’elle est tellement anti avortement, mais qu’aussi, en tant que républicaine, elle est pour la peine de mort, et que donc elle allait faire passer sa fille à la chaise électrique pour lui apprendre à se comporter comme une petite trainée. »

Russell aime le sexe. Récompensé par le journal The Sun comme « Baiseur de l’année » à deux reprises, on pourrait même penser qu’il il aime un peu trop le sexe. Il a fait plusieurs séjours en rehab pour cause d’addiction au sexe, et s’est fait renvoyer de son dernier centre de désintoxication pour cause de… relations sexuelles avec les autres patientes.

Cette sexualité débridée lui a tout de même permis de décrocher le rôle d’Aldous Snow, musicien obsédé et « homme fatal » dans « Sans Sarah rien ne va », avant que Judd Appatow, le réalisateur, ne décide carrément de faire de Russell, et d’Aldous, la star de son prochain film. Pendant les VMAs, le comique n’a pas arrêté les blagues sur la virginité des Jonas Brothers, ce boys band dont chaque membre porte une « purity ring », une bague pour dire qu’ils ne feront pas l’amour jusqu’au mariage. Après s’être fait remonté les bretelles, Russell s’est dit « gêné de ne pas avoir arrêter de parler de leurs veux de chasteté, et j’aimerais profiter de cette occasion pour dire que personne devrait plus jamais faire l’amour. Folle idée. Quelle drôle de façon de passer une soirée. »

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